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Titre : la mort refusée 

Auteur : Gérard Houlet

Date de parution : novembre 1983

Nombre de pages : 100

Prix : 59 F ;-) ( n’est plus vendu )

 

Je fais une chronique spécialement pour ce roman car ma grand-mère me l’a confié en insistant pour que je le lise. C’est un roman qui l’a marqué et pour être honnête il m’a beaucoup fait réfléchir sur la place de chacun dans la société et sur ce qu’est « la normalité ». 

 

Résumé : 

Au fond d’un village du Bourbonnais, elles sont trois. 

La mère et ses deux filles, recroquevillées sur leur vie et tissant des liens affectifs rudes et tendres à la fois, qui leur permettent de survivre aux coups du destin.

 La mort va venir rompre cet équilibre. Mort que les deux soeurs se refuseront à admettre et qu’elles dissimuleront à leur entourage, croyant ainsi échapper à cette rupture définitive avec leur mère. 

 Violence d’un drame intérieur et incompréhension de la société : la mort est toujours un refus que seuls l’amour et le temps peuvent transmuer en acceptation. Jeu éternel de la vie, de l’amour, de la mort. 

 

Avis : 

 C’est un roman qui retourne les codes de la société.

 Mayeule et Jacotte sont deux jeunes filles qui vivent avec leur mère veuve depuis quelques années. 

Elles vivent dans une masure qui a fait son temps et qui est le miroir de ce qu’elles subissent toutes les 3 chaque jours durant. Elles sont heureuses avec le peu qu’elles ont : l’amour de leur mère.

 Un drame va saisir cette famille tranquille du jour au lendemain. 

 Ce roman fait ressortir que l’ignorance des personnes peut les entrainer dans l’erreur. Et justement, cette erreur peut causer bien des dommages et cela jusqu’à la fin de leurs jours. 

 La mort est quelque chose que nous ne connaissons pas et qui était à l’époque un sujet tabou mais qui est toujours méconnu de nos jours. J’ai été intrigué par ce livre et ensuite happée par cette histoire rocambolesque.

 Les jeunes filles vont avoir comme mécanisme de défense la protection démesurée de leur mère ce qui va entrainer des questionnements.

 J’ai adoré ce livre. Je me suis attachée à ces deux filles qui ne comprennent pas la gravité de la situation et qui vont tout faire pour protéger leur mère. 

 

Avec peu de chance vous arriverez à lire ce roman car il est presque introuvable de nos jours. 

Je vais donc pousser mon ressenti plus loin.

Quand Mayeule et Jacotte trouvent leur mère dans le lit, ainsi inerte, elles ne savent pas comment réagir. Elle avait l’air si calme, si reposée de loin et pourtant….

 

Quand elles approchent toute deux, elle la retrouve les yeux ouverts, la peau marbrée. Découvrir l’être le plus cher à leurs yeux ainsi m’a empli d’émotions. S’imaginer à leur place est inconcevable. 

La solution : prévenir le curé?

NON…

-"On est mort que quand on est sous la terre, ta compris , gredine !" Disait Mayeule.

 Pour elle, sa mère était toujours en vie dans un sommeil profond et le décès sera donc caché à tout le monde. Et cela, pendant un an… Jusqu’à ce que le facteur habituel ne vienne pas pour donner la rente et que se soit un remplaçant. Alerter que ce ne soit pas la mère qui signe, il s’en est allé au commissariat.

 Jacotte se doutant que quelque chose se tramait prends le corps frêle de sa mère dans ses bras enveloppé dans un linge et l’emmène tendrement au grenier. 

Quel plus beau geste d’amour que de protéger sa mère de ces inconnus? 

 Ils rentrèrent et la trouvèrent. 

 La fin ? Ces deux jeunes filles se sont faites internées jusqu’à la fin de leur jour. D’où le fait que l’ignorance les a perdu. Ne peut on pas vouloir garder sa mère prêt de soi si on le souhaite? 

 

La culture et les codes de la société nous en empêche pourtant. Une belle leçon de morale que ce livre qui fait réfléchir sur le vécu des gens que l’on croise avant de juger sans savoir. 

 Un roman que je conseille fortement : il m’a ému et fait réfléchir sur cette société dans laquelle on vit, qui est faite de statistiques et où chaque personne doit être dans une case identique à celle des autres.


Citation du jour : 

 «  La pension c’était à la mère et à elles. La preuve, c’est que la mère la dépensait aussi bien pour tout le monde. Elles sont effondrées, anesthésiées. C'est maintenant que la mère va les quitter et mourir. » p-99