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TITRE: J’ai oublié le titre ! 

AUTEURE: Carine Beaufils

Éditeur : éditions-eres

Date de parution: 20 avril 2014

Nombre de pages : 160

Prix : 10€

 

Résumé :

« Je suis devenue animatrice en résidence Alzheimer complètement par hasard. Banquière démissionnaire, je cherchais un job sans responsabilités, sans objectifs, sans k€ et permettant de se regarder dans un miroir en rentrant le soir. J’avais été formée pour vendre des PEL et des assurances-vie. Je connaissais le taux du prélèvement forfaitaire libératoire, le cours du CAC 40 et la loi des finances sur le bout des doigts. Je ne connaissais rien à la personne âgée, ce pour quoi je n’avais aucune excuse puisque ma mère est médecin en gériatrie, spécialisée dans la maladie d’Alzheimer. Grâce à elle, on m’a proposé le poste de responsable de l’animation en EHPAD, je l’ai bien sûr refusé. Comme tout le monde, j’avais regardé des documentaires choc sur la maltraitance en maison de retraite ; comme beaucoup, je n’aimais pas les vieux ; et comme la majorité, je connaissais peu Alzheimer mais juste assez pour espérer que ça ne toucherait jamais ma grand-mère. On a insisté, j’ai fini par accepter. Je n’avais aucune idée précise du monde dans lequel j’allais entrer. » Carine Beaufils

 

Avis : 

 Un témoignage comme on devrait en voir plus souvent : poignant et réaliste faisant passer des rires aux larmes.

Carine plaque tout du jour au lendemain.

Elle quitte son boulot de banquière et se retrouve dans une structure adaptée pour personnes atteintes de démences: s’y trouve de la désinhibition frontale ( le fait que la pulsion passe avant le fait de réfléchir : parler sans filtres), mais plus particulièrement des Alzheimers. 

Elle sera désormais animatrice.

Carine va se retrouver immergée dans un univers qu’elle ne connait pas  et qu’elle ne maitrise guère comparé à son ancien poste.

 

Jamais formée à la maladie, ni aux soins gériatriques, ni à l’animation, elle va se retrouver complètement désorientée par ce nouvel endroit, ce tout nouveau métier et surtout par ces résidents atteints de la maladie.

A partir de ce qu’elle découvrira d’eux, elle en apprendra d’avantage sur elle et sur la relation humaine. 

Elle nous livre différents portraits de ces personnes qui rythment son nouveau quotidien.

 

Etant étudiante en école d’infirmière, je me suis sentie revivre mon dernier stage en EPHAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). j’ai été confronté à cette pathologie qu’est l’Alzheimer. On retrouve dans ce récit les grands concepts qui bercent les métiers du paramédicale : dépendance, autonomie, pathologies, anti-dépresseurs  mais surtout le savoir être : la relation humaine et l’échange.

 

Carine montre par ce témoignage, le bonheur que le personnel vit dans ses structures pourtant malgré de nombreuses pathologies. Cependant, la maladie ne prends pas tout, pas ce que l’homme à de plus beau en lui : Son coeur mais surtout la lueur dans son regard dans des moments de lucidité.

En lisant ce livre, on navigue entre humour, moments de folies mais surtout sur de la communication et du relationnel.

 

Ce livre explique le métier d’animatrice comme nul ne me l’a expliqué. C’est un métier souvent oublié dans les structures car les plus connus sont les médecins, psychologues, infirmiers et aides-soignants.

L’auteure écrit sans filtre et ce qu’elle ressent face à ses personnes, ce qui rends ce livre très profond et émouvant. 

 

Je recommande ce livre à tous les amateurs de témoignages sur l’univers médical sans vocabulaire rocambolesque.

phrase du jour : 

"La seule raison d'être de l'animateur, ce uqi doit guider son action, ne peut alors être rien d'autre que de permettre à chacun de continuer à "être" dans la continuité de ce qu'il a été". p-10